1918, la Grande Guerre s’achève…

Le 11 novembre 1918, l’armistice mettait fin à une effroyable guerre de quatre ans, à laquelle Choisy-le-Roi a payé un lourd tribut. Cet automne, la paix est au cœur des commémorations du centenaire de la fin du conflit…


Considérable ! 689 Choisyens (de naissance ou de domicile) périrent sur les champs de bataille ou des suites des blessures reçues. Même si les données ne sont pas directement comparables, on peut rapprocher ce nombre de la population en 1911 : la ville comptait alors 2 700 hommes âgés de 20 à 40 ans. C’est donc près du quart de la population masculine dans la force de l’âge qui fut fauchée.
Beaucoup ont travaillé sur la mémoire collective ou familiale de ce temps. Un Choisyen, Thierry Dupuy, a produit une remarquable étude sur la longue liste des noms gravés dans la pierre du monument aux morts. Chacun y retrouve son identité de soldat (unité, date du décès, théâtre des opérations) et le contexte militaire du moment. Ainsi 31 Choisyens tombèrent dans la fameuse bataille de la Marne qui, durant la première quinzaine de septembre 1914, bloqua l’avancée allemande.
À l’arrière, l’enthousiasme est à son comble.
Pourtant les pertes sont déjà lourdes.
Dès le mois d’août 1914 – celui au cours duquel on partait au front en chantant, convaincu d’un retour au foyer avant l’hiver, le «boche» écrasé – 38 Choisyens périrent. Pour la moitié dans les batailles de Belgique et du Nord.
Alexandre Forveille fut de ceux-là. Son petit-fils, Claude Rouard a pu retracer son parcours. Alexandre Forveille était commercial à la faïencerie Boulenger. Agé de 40 ans, il est mobilisé au 25e régiment d’infanterie territoriale, une unité d’appui positionnée à l’arrière du front, tel que le haut commandement l’a imaginée. Mais les Allemands ont engagé un vaste mouvement tournant par la Belgique sans avoir eu l’amabilité de prévenir : l’arrière se retrouve en première ligne. L’infanterie territoriale est massacrée.
150 000 hommes tombent en quelques jours.
Alexandre Forveille succombe dans la cuvette d’Haspres, au sud de Valenciennes. Malgré un repli éperdu des Français, les Allemands sont déjà sur les hauteurs. Quand les hommes valides du 25e RIT. sont enfin regroupés quelques jours plus tard, il n’en reste que 300 sur 1 200 ! Paul Vendrely est sans doute l’un de ces rescapés. Il est lui aussi cadre commercial à la faïencerie, âgé d’une quarantaine d’années. Il se retrouve également au 25e RIT. bien que la déclaration de guerre l’ait saisi à Nice où il dirigeait une agence commerciale de l’entreprise. M. et Mme Dolegéal disposent du «journal de guerre» et de la correspondance de ce grand-oncle. Un journal qui court sur les années 1915 et 1916. Il est écrit à l’envers des pages d’un carnet d’adresses.
La tâche essentielle de ce «territorial» est de creuser des tranchées. Il souffre mais ne se plaint pas. Par prudence ? Parce que la boue et les obus paraissent un moindre mal au regard du souvenir de la Belgique et du Nord du mois d’août 1914 ? Pourtant, le secteur d’Aix-Noulette où se trouve Paul Vendrely est au cœur des deux batailles de l’Artois qui se succèdent de juin à octobre 1915 et au cours desquelles 31 Choisyens ont péri. Paul Vendrely verra la fin de la guerre.



En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez que nous utilisions des cookies pour mesurer l'audience de nos sites. Pour en savoir plus et paramétrer vos cookies veuillez cliquer sur Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer