Choisy rime avec Ipoustéguy


Sculpteur mondialement connu, Ipoustéguy a vécu de 1947 à 2003 à Choisy, au 35 rue Chevreul.
La Ville et l’Association Louis Luc pour l’histoire et la mémoire de Choisy-le-Roi rendent hommage à cet artiste.

Il vivait isolé et n’appartenait à aucun courant : tel était Ipoustéguy, sculpteur majeur de la deuxième moitié du XXe siècle.
Une exposition à l’hôtel de ville et la publication des Cahiers de l’Association Louis Luc pour l’histoire et la mémoire de Choisy-le-Roi , réalisés par Jocelyne Dovillez, portent un regard sur l’artiste sans concession et sur son oeuvre aux multiples facettes. Car le parcours d’Ipoustéguy est intimement lié à Choisy, où il vécut cinquante-six ans.
Né en 1920 à Dun-sur-Meuse, Jean Robert de son état-civil prit le nom de sa mère, d’origine basque. Mais il restera un Lorrain profondément attaché à sa terre natale.
Il fera d’ailleurs le pari fou de créer un centre culturel dédié à son oeuvre, en 2001, dans le village où il est né. Son père était menuisier et peintre amateur. Il l’initiera aux arts.
Dans les années 1930, la famille quitte Dun-sur-Meuse pour Paris, où Jean suit des cours du soir dans l’atelier de Robert Lesbounit, dessinateur, peintre et sculpteur.
Après la Seconde Guerre mondiale, il réalise deux fresques à l’église Saint-Jacques de Montrouge. Il délaisse peu à peu la peinture pour se consacrer à la sculpture.
En 1948, il s’installe au 35 rue Chevreul. C’est dans cet atelier qu’il taille infatigablement son chemin, celui abrupt de ses œuvres en marbre ou en bronze. L’artiste y a conçu bon nombre des quelques 600 sculptures, des centaines d’aquarelles et de peintures, et plus de 3 000 dessins laissé·e·s à la postérité. Partout dans le monde, ses œuvres sont exposées : entre autres, « L’homme aux semelles devant », en référence à Rimbaud, installée à Paris, devant l’Arsenal ; « Louise Labbé », à Lyon ; « À la lumière de chacun », à Washington ; « La mort du père », à Melbourne…
Choisy-le-Roi a conservé quatre sculptures d’Ipoustéguy : « Les nourritures publiques », bas-reliefs de la salle du conseil municipal, « La danseuse », dans le hall de La Tannerie, « La mort du frère » et « Saint-Corbinien », dans l’église du Saint-Esprit. Quand il quitte Choisy, en 2003, Ipoustéguy offre à la Ville des plâtres de ses œuvres et des maquettes, notamment celles du film « La bataille de Bouvines », resté au stade de projet. Ipoustéguy est décédé en 2006.
Farouchement indépendant, pas toujours compris, il aborde des thèmes universels. Ses œuvres sont bien vivantes.

35 rue Chevreul : un haut lieude création
En ce jour de 2003, alors qu’il ferme pour la dernière fois la porte du 35 rue Chevreul, à Choisy-le-Roi, Jean Robert Ipoustéguy conclut avec humour les cinquante-six années passées dans sa vaste demeure : « Ici, j’ai connu le Paradis. Maintenant, je prends la route du Purgatoire. En attendant, qui sait, l’Enfer. » C’est là, à l’abri des regards, derrière un haut mur de briques et un grand portail métallique, qu’il a imaginé des sculptures par centaines.
Et des dessins, par milliers. Le « 35 » a vu défiler nombre d’artistes, entre 1886 et 2003 : le céramiste Ernest Chaplet, puis Émile Lenoble, décorateur à la fabrique Boulenger. En 1948, Ipoustéguy loue cette maison à la veuve Lenoble, et finit par la racheter en la transformant en plusieurs ateliers. Dans le calme et l’espace, il laisse libre cours à son imagination débordante. Il connaît peu de monde « alentour », prend son « jus » le matin, à 6h15 tapante à « l’Arc-en-ciel », achète « Le Parisien » à la librairie avenue Victor Hugo, vit à la spartiate…
Néanmoins, il reçoit beaucoup, accueillant régulièrement des intellectuels (notamment André Glucksmann et Bernard Kouchner) et des artistes, dont les photographes François Despatin et Christian Gobeli, qui immortalisent son travail. En 2003, le sculpteur quitte Choisy, non sans déchirement, pour rejoindre son village natal dans la Meuse. Le 25 février, avant son départ, Daniel Davisse, alors maire, et Gérard Chambon, adjoint à la culture, lui témoignent un profond respect en lui remettant la médaille de la ville.



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