François Robichon – Une vie sur les rails

François Robichon fait visiter les grands monuments de la ville à qui le souhaite. Une passion pour l’histoire que l’ancien cheminot aime partager, guidé par l’envie d’être toujours utile.


« Si tu crois qu’on fait ce qu’on veut dans la vie ! » François Robichon montre pourtant qu’avec de la ténacité, oui, nous pouvons réaliser nos rêves de gosse. « Jeune, je voulais devenir documentaliste, se souvient-il. J’ai grandi dans une famille modeste à Montmorillon, dans la Vienne. Je suis allé jusqu’au BEPC. À l’époque, c’était un diplôme qui avait de la valeur ! » Nous sommes en 1963. Prospérité, plein emploi, croissance… la France s’est relevée de la guerre. C’est aussi le temps des yéyés, des minijupes, d’une jeunesse qui se rebelle contre le carcan hérité du passé.

Calé à la SNCF
Passage obligé : l’armée. Il passe seize longs mois en Allemagne, à jouer de la trompette et du trombone. Des airs militaires, pas le jazz qu’il affectionne tant. Mai 1968 jette un voile sur le train-train quotidien du soldat Robichon. Le courrier ne passe plus et les rumeurs les plus folles circulent. François s’amuse : « J’ai été démobilisé le 28 février 1969 et j’ai trouvé du travail le 1er mars. » Exit le rêve de devenir documentaliste, le voici agent des chemins de fer. « Je suis arrivé juste à la fin des trains à vapeur ! » fait-il remarquer. Le hasard des postes et des mutations l’amène jusqu’à Aubusson. C’est dans la capitale de la tapisserie qu’il rencontre Nadia. Il repart avec la jeune lissière pour s’installer à Choisy-le-Roi en 1977. La SNCF disposait alors de logements dans la ville. Le couple fait le choix de poser ses bagages et d’y élever leur fille Florinda. Il adhère vite à la CGT. « J’ai aimé cette grande fraternité des cheminots. On travaillait en trois huit, c’était dur, mais on se serrait les coudes avec les copains. Et puis, nous représentions une force énorme lors des mouvements sociaux, notamment en 1986 et 1995. Ce sens de la lutte, cette flamme, elle existe encore, mais il faut bien dire qu’elle vacille », regrette François.
Une grande famille qu’il a retrouvée lors de son départ à la retraite, en 2002. Sur les 600 personnes invitées, 450 sont venues. Une sacrée nouba !

Manœuvre à l’anglaise
L’aiguillage a été modifié, mais l’homme de 72 ans est resté sur les rails. Il s’est engagé dans le mouvement associatif. Il a d’abord rejoint l’Association Louis Luc, qui oeuvre à maintenir la mémoire de Choisy-le-Roi.
« J’ai commencé à travailler à la documentation et aux archives. » Il se penche avec passion sur l’histoire locale. Tout y passe, de Louis XV à la cavale de Jules Bonnot en 1912, en passant par l’évolution des transports dans la ville. « Le souci, c’est que lors de la fusion des départements de la Seine et de la Seine-et-Oise en 1964, les archives ont été dispersées. » François a réalisé son rêve de gosse et s’étonne que lui, l’ancien cheminot, se retrouve à côtoyer des grand·e·s pontes de l’université. Il ne se lasse pas d’organiser les visites de la ville avec l’office de tourisme. Un vrai succès. Et se bat aux côtés des habitant·e·s de la cité de La Sablière pour  que les logements soient rénovés. Autre nouveau succès : en juin, la convention de reconstruction a été signée.

Envie d’aider les autres
Reste une ombre au tableau : la santé de la famille. Lui-même a été opéré de nodules dans la gorge, il y a des années. Un moment qu’il relativise comme toujours. « À côté de moi, il y avait des enfants qui arrivaient de la centrale nucléaire de Tchernobyl ! souligne-t-il. Je ne vais pas me plaindre ! » C’est sans doute la phrase fétiche de François. « Je crois que je me suis trouvé dans le bon wagon. D’abord le travail. Le couple. Nous partageons avec Nadia une grande confiance, un même point de vue et la même envie d’aider les autres. » La petite histoire dans la grande histoire.



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