Histoire des salles obscures à Choisy-le-Roi

De 1910 à la fin des années 1970, trois cinémas ancrés dans les quartiers du centre et des Gondoles ont fait les beaux jours de Choisy-le-Roi et du septième art. L’essor de la télévision et des grands complexes cinématographiques vont leur être fatal.


Ils s’appelaient le Splendid, le Casino ou le Galion. Ce sont autant de noms de cinémas de quartier à Choisy-le-Roi qui évoquent des souvenirs émouvants de séances à bon marché, les publicités d’époque, les «actualités», et à l’entracte desquelles des ouvreuses déambulaient entre les rangées en proposant des «chocolats glacés». L’âge d’or de ces salles indépendantes dédiées au septième art va durer jusqu’à la fin des années 1970, après être apparues au début du siècle. Les frères Pathé régnaient alors en maître sur la distribution des films et la production battait son plein en région parisienne à Neuilly, Montreuil, Vincennes. En 1912, le premier cinéma de Choisy voit le jour rue Thiers (l’actuelle rue Louise Michel à l’emplacement du magasin Franprix) : le Splendid Cinémathéâtre.
Comprenant près de 1 500 places, ce cinéma était l’un des plus beaux de la région à tel point que sous l’occupation allemande en 1940, le Splendid et d’autres salles parisiennes, ont été mis sous tutelle par l’intermédiaire de la Société de gestion et d’exploitation du cinéma (Sogec). L’immeuble appartenait à un certain M. Rocher. Il faudra attendre la Libération, selon un rapport parlementaire d’août 1954, pour que le fonds de commerce retourne en gérance libre. Le second cinéma, le Casino (futur Royal), a été construit dans les années 1920 sur un terrain de l’avenue de l’Hôtel de ville (aujourd’hui avenue Anatole France). La salle de 800 places avec balcon, appartenait à la famille Jacob ; une autre famille les Doff la prendront en gérance dans les années 1930 et la transformeront en cinéma parlant. Ce lieu était festif, polyvalent accueillant outre des films, des pièces de théâtre, des concerts, des lectures poétiques. Enfin en 1951 avenue Victor Hugo, un ancien dancing jouxtant le café «L’arc en ciel» est racheté par Louis Mouvier, alors représentant au sein de la société Warner Bros. Ce sera le Galion ou cinéma des «Gondoles». Les travaux d’agrandissement en 1957 permettent à la salle d’accueillir 314 places. Le plafond est étoilé comme le Grand Rex à Paris. «C’était l’époque où l’exploitant avait le droit de choisir ses films, et où les familles allaient au cinéma. C’était plein tout le temps » explique Patrick Mouvier, le fils de celui qui fut adjoint au maire de Choisy entre 1989 et 1995. Louis Mouvier a joué un rôle actif dans l’exploitation et la programmation des cinémas de Choisy pendant 26 ans, jusqu’à la fermeture de la dernière salle indépendante en 1978.
Une longue bataille qui n’a pas pu résister aux assauts de la télévision et à l’essor des grands complexes cinématographiques. Depuis la fermeture du Royal en 1977, la diffusion cinématographique avait élu domicile dans la salle du théâtre Paul Éluard. Il y a dix-huit ans, la Ville entreprit, à côté du théâtre, la construction d’un lieu propre au cinéma, une nouvelle salle de proximité, Paul Éluard, de 180 fauteuils dont la programmation variée décline le septième art comme à ses plus beaux jours.



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