Lugo : la « Petite Italie » de Choisy


Le quartier de Lugo tient son nom de la commune italienne d’Émilie-Romagne (Nord), notre ville jumelle depuis 1968. Une dénomination qui résonne comme un clin d’œil à l’installation, entre les deux guerres, de nombreux Italiens.

Depuis le XIXe siècle, cette partie nord de la ville est une zone industrielle par excellence, avec l’implantation d’une maroquinerie, d’une tuilerie, d’une cristallerie et même d’une gare aux bestiaux
près de la Seine ! À cette époque, Choisy-le-Roi occupe la quatrième place de la banlieue parisienne quant à l’ampleur de ses entreprises, intéressées par la proximité de la Seine pour le ravitaillement en matériaux et le fonctionnement des ateliers. En 1911, 86 % des actifs ont leur emploi dans la commune. Une main-d’œuvre renforcée, quelques années plus tard, par une arrivée massive d’Italiens, venus travailler leur spécialité à la verrerie.

Désindustrialisation massive
En 1926, ils sont 956, soit la moitié de la communauté étrangère, sur une population totale de 23 398 habitants. Embauchés directement ou recrutés au pays par les entrepreneurs, les Italiens s’installent près des usines qui les emploient : la verrerie Houdaille et Triquet, la tuilerie Gilardoni toute proche.
Ils se fixent principalement voie des Roses, rue Sébastopol, rue Rollin Régnier… Le quartier Sébastopol, et en particulier la voie des Roses, porte le nom de « Basse Italie ». Cette dénomination,
dont se dégage parfois une connotation péjorative, désigne l’Italie du sud et indique les origines provinciales de ces migrants : le Latium, au sud de Rome (Frosinone, Cassino), et la région de Naples. Les hommes viennent généralement seuls. Sur des terrains appartenant aux usines, ils construisent des baraques en bois, vite insalubres. Choisy constitue pour eux un vaste chantier permanent, interrompu par la Seconde Guerre mondiale.
La « Petite Italie » de Choisy commence à disparaître en 1958, avec les difficultés de la verrerie. Les Italiens déménagent alors à proximité, dans le triangle Choisy-Thiais-Vitry, construisent parfois leur pavillon, signe d’insertion durable, souvent sur fond d’antifascisme partagé et de projets migratoires familiaux aboutis.
Leur quartier d’accueil, le Lugo, subit, dans les années 1970-1980, une désindustrialisation massive. Disposant d’atouts majeurs, il attend aujourd’hui son renouveau.



En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez que nous utilisions des cookies pour mesurer l'audience de nos sites. Pour en savoir plus et paramétrer vos cookies veuillez cliquer sur Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer