Michel Deligny – Le sens du devoir accompli

Michel Deligny vient de recevoir, des mains du recteur d’académie, les palmes académiques Un moment de fierté, d’émotion et une juste reconnaissance de ses 37 ans de carrière au service de la sécurité des biens et des personnes…


Statues, peintures, verrières… Le décor du grand amphithéâtre de la Sorbonne à Paris rappelle toute l’importance de cette université créée au Moyen-Âge. C’est là, le 14 mai dernier, que Michel Deligny a été élevé au rang de chevalier dans l’ordre des palmes académiques.
Sous l’oeil admiratif de son épouse, de son fils et de ses collègues. «C’est un témoignage de la reconnaissance du travail accompli mais je dois admettre que ça m’a vraiment touché, souligne-t-il. C’est quand même une distinction qui date de Napoléon et c’est décerné au compte-goutte !»
Rien n’était acquis d’avance pour le Ch’ti, fils de menuisier et d’une mère au foyer ! Michel Deligny devient fonctionnaire au rectorat d’Île-de-France un peu par hasard. Une connaissance lui parle
d’un concours pour travailler au sein de cette institution. Sans hésiter, il tente alors sa chance.
Embauché, il découvre le monde de la fac et ses… violences. «Je suis muté à l’université d’Assas, à Paris, au coeur des groupuscules d’extrême droite.»
Les étudiants sont armés de barre de fer et n’hésitent pas à donner du coup de poing. Michel Deligny vit au rythme des conflits. La loi Devaquet de 1986, la première guerre du Golfe qui oppose
l’Irak de Saddam Hussein et l’Amérique de Bush père, le CPE. Avec, à chaque fois, la crainte de la casse, de l’incendie ou des blessures comme cet extincteur qu’il reçoit sur la tête. «Je me  retrouvais entre les étudiants et l’administration, souligne-t-il. Il faut de la diplomatie : l’essentiel du boulot, c’est de calmer les esprits. Assurer la sécurité des personnes et des biens

Une vie en décalage
«Mon arrivée à Paris, en 1981, ne m’a pas vraiment pas laissé de bons souvenirs, se souvient-il, ma fiancée était restée dans le Nord et ma famille me manquait. C’était difficile.» Son épouse le
rejoint bientôt et la famille s’agrandit. Michel Deligny atterrit à Choisy en 1992 dans un 2 pièces rue Alphonse Brault. Il déménage dans le centre-ville, près de la place de l’Église 2 ans plus tard. «Choisy est au milieu de tout, remarquet-il, on arrive facilement à Paris en transport. C’est indispensable pour le travail. Mais on est aussi tout près des lacs de Créteil. Et la ville a fait un réel effort d’aménagement. Le centre a été complètement modernisé.» Michel Deligny connaît d’autant mieux la ville qu’il l’a parcourt en journée puisqu’il travaille de nuit depuis 26 ans. Il a bien tenté de s’investir, il s’est occupé un temps de la distribution des repas au Resto du coeur, mais c’était compliqué : il ne parvient plus qu’à dormir 4 h par jour. «Cela complique la vie sociale et au niveau du couple, on vit en décalage», regrette-t-il.

La retraite est en vue
Encore 5 ans à la division de la sécurité générale, la DSG, et Michel Deligny quittera Choisy-le-Roi, sa ville d’adoption, pour le Nord, sa région natale.
«On va rentrer chez nous, dans notre village de Vred», annonce l’agent de sécurité sobrement.
Alors oui ces palmes académiques constituent une revanche pour Michel Deligny. «Moi qui n’ai qu’un CAP d’électromécanique, je vais être à la même hauteur que des noms prestigieux !». Lui
qui aura fait toute sa vie attention à tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler à la hiérarchie. Le journal La Voix du Nord lui consacre un article. «Tout le monde au village verra, s’amuse-t-il, que je suis arrivé à avoir une belle distinction.»



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