Parcours – Il était une fois l’immigration… (Épisode 1)

Depuis plus d’un siècle, l’immigration a façonné l’identité de notre ville. Choisy-Infos en retrace l’histoire. Premier volet : les parcours des migrant·e·s venu·e·s de tous les continents.


Choisy-le-Roi a grandi grâce aux migrations. Au tournant du XXe siècle, partout en France, on manque de bras, et Choisy, en plein essor industriel, n’échappe pas à la règle.
Les pays voisins sont les principaux fournisseurs de main-d’oeuvre. Dans le quartier Saint Louis et Saint Nicolas, par exemple, on dénombre ainsi des Belges, des Italiens, des Espagnols, des Allemands, des Luxembourgeois… La plupart sont manœuvres, ouvriers maçons, ou faïenciers.
Après la Première Guerre mondiale – période de reconstruction du pays –, les Italiens, Espagnols et également Polonais ont largement contribué faire tourner les grandes entreprises choisyennes : la faïencerie Boulenger, la cristallerie Houdaille, la tuilerie et faïencerie Gilardoni. Peu qualifiés, ils étaient ouvriers, manœuvres ou journaliers.
Les Italiens s’implantent dans le quartier Sébastopol (l’actuel Lugo), appelé alors « la basse Italie ».
Une partie des immigré·e·s ont font le choix de l’exil pour des raisons politiques : dans les années 1920, les Arménien·ne·s, rescapé·e·s du génocide perpétré par l’Empire ottoman ; dans les années 1930, les Italien·ne·s, les Allemand·e·s et les Espagnol·e·s, antifascistes ou républicain·e·s, pour échapper aux dictatures au pouvoir dans leurs pays. En 1936, 1 836 étranger·ère·s étaient recensé·e·s à Choisy-le-Roi, venant le plus souvent de régions pauvres (Latium italien, Sud espagnol).
Entre 1945 et 1975, la commune est particulièrement concernée par les flux de migrants espagnol·e·s, portugai·se·s et maghrébin·e·s, principalement algérien·ne·s. Ils sont embauchés massivement dans le bâtiment, les fonderies, l’usine Renault, la Cristallerie et l’usine Hollander. Jusqu’en 1962, les Algérien·ne·s sont considéré·e·s comme Français·e·s. Après l’Indépendance, des accords sont signés entre les deux pays pour fixer des contingents de travailleurs algériens. En 1976, selon un fichier « Étrangers » de la préfecture, la ville comptait 2 687 Algérien·ne·s (et 1 774 Portugais·e·s).
Recrutés comme manœuvres, discriminés, ils étaient, dans le meilleur des cas, promus OS, ouvrier spécialisé.
Aujourd’hui, le paysage migratoire de Choisy-le-Roi s’est élargi avec l’arrivée de migrant·e·s venu·e·s d’Afrique subsaharienne, d’Asie, d’Amérique latine, d’Europe de l’Est – Tchétchènes, Bulgares, Roumanie, habitants de l’ex-Yougoslavie… Depuis plus d’un siècle, ces populations venues de l’étranger composent le portrait cosmopolite de Choisy-le-Roi.

Des logements de fortune…
Les immigrés, perçus après-guerre comme des travailleurs « temporaires », venus la plupart sans leur famille, pour quelques années tout au plus, trouvent souvent refuge à Choisy-le-Roi dans des « micro-bidonvilles ».
En 1970, il y en avait 14 de moins de 100 occupants.
Le dernier, situé Voie des Roses, où « logeaient » 36 personnes a été résorbé en 1972.
Trois ans plus tard, en 1975, Choisy-le-Roi comptait 27 petits hôtels et garnis surpeuplés, où il n’était pas rare que les chambres soient utilisées jusqu’à dix travailleurs, se relayant pour dormir. Insalubrité, promiscuité, marchands de sommeil un peu partout dans la ville : la situation était telle que Fernand Dupuy, député-maire, dans un courrier adressé le 15 janvier 1975 au secrétaire d’État aux Travailleurs immigrés Paul Dijoud, jugeait la situation « préoccupante, voire alarmiste », particulièrement pour les Algériens et Portugais.
À l’époque, il existait une cité de transit au 120 avenue de Villeneuve-Saint-Georges, où logeaient majoritairement des Algériens. Ils étaient également nombreux dans deux autres foyers : l’un géré par l’Adef (Association départementale d’études et de formation) au 6 rue George Sand, et l’autre dépendant de l’AFRP (Association des foyers de la région parisienne), au 111 avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny. De temporaire, ces solutions deviennent durables. Mal-logées, bien des familles immigrées et des travailleurs « isolés » aux faibles revenus. Les logements sociaux manquent car l’État investit insuffisamment, tandis que les prix élevés des locations dites « à loyer libre » sont pour eux inaccessibles.



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