Rouget de Lisle, citoyen choisyen

Rouget de Lisle, auteur de la Marseillaise, a vécu les dix dernières années de sa vie à Choisy-le-Roi. Il y meurt le 26 juin 1836, à 76 ans, au n° 4 de la rue des Vertus, aujourd’hui devenu n°6 rue Rouget de Lisle. Sa tombe se trouve également au cimetière de Choisy, bien que ses cendres aient été transférées le 14 juillet 1915 aux Invalides.


Quel chemin avait-il parcouru pour arriver à Choisy-le-Roi ?
Né le 10 mai 1760 à Lons-le-Saunier, dans le Jura, Claude Joseph Rouget de Lisle, obéissant à ses parents, suit une carrière militaire tout en témoignant d’un fort penchant pour la musique et la poésie.
À l’issue de sa formation, il est nommé aspirant lieutenant, puis lieutenant, et enfin capitaine en avril 1791. Capitaine de 5e classe au génie dans l’armée du Rhin, il est en garnison à Strasbourg lorsque, en 1792, l’Assemblée nationale déclare « la Patrie en danger ». Connu pour son goût de la musique, il rencontre lors d’une réception le maire de Strasbourg, qui lui demande un chant pour encourager les soldats. Aussitôt, Rouget de Lisle écrit les paroles et compose la musique d’un Chant de guerre pour l’armée du Rhin.
Entonné par le bataillon des Marseillais dans leur marche vers Paris, le chant est appelé la Marseillaise par les Parisiens et se répand dans toute la France.

De l’ombre à…
Toutefois, Rouget de Lisle ne recueille de son vivant aucun bénéfice de ce succès.
Pris dans les événements d’une période agitée et écarté par des prises de position malencontreuses, il va être destitué de ses fonctions militaires, réhabilité, emprisonné, puis de nouveau réintégré.
Il finit par démissionner de l’armée en 1796. Il s’adonne alors à son goût pour la littérature et la poésie en composant notamment un recueil en vers et en prose, il traduit des ouvrages, rédige des préfaces.
Malheureusement, son art ne lui procure pas assez de ressources : Rouget de Lisle vit dans une situation précaire, jusqu’à être emprisonné pour dettes. Sans argent et malade, il est recueilli en 1826 par un de ses camarades d’armée, le baron Blein, à Choisy-le-Roi, au n° 33 du faubourg Saint Éloi (avenue Gambetta).

…l’engouement populaire
Touché par des deuils et ne pouvant plus garder son pensionnaire, le baron Blein le confie à la famille Voïart, installée un peu plus loin, au n° 4 de la rue des Vertus. Logé dans une chambre sous les combles, Rouget de Lisle y finit ses jours, entouré de l’attention d’hôtes amoureux des arts. Quel souvenir en ont gardé ses voisins choisyens ?
« Rouget de Lisle sortait régulièrement vers quatre heures, pour se rendre chez le général Blein, à deux cents mètres de là. Il avait son couvert mis tous les jours. Il était vieux, cassé, tout abattu, penché sur le côté droit, la tête toute blanche, comme un homme à qui on aurait donné cent ans. […] Dans le pays, personne n’en parlait davantage. On le connaissait de le voir passer tous les jours à la même heure. »
En 1879, la IIIe République adopte la Marseillaise comme hymne national, faisant sortir Rouget de Lisle de l’oubli et l’exposant à l’engouement populaire.



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