Témoignage de confinés : ALEXANDRE PECH & EMMA WEI-PECH


ALEXANDRE PECH
37 ans, responsable communication
EMMA WEI-PECH
41 ans, enseignante
Parents de Mélodie, 8 ans, et d’Antoine, 4 ans
Quartier des Gondoles Sud

« Comme la moitié de l’humanité, notre famille est donc confinée à la maison depuis maintenant à peu près un mois. Une expérience unique de quelques jours qui vient rompre la monotonie de nos vies respectives. Une pause dans notre existence que j’espère également salutaire pour l’avenir de l’humanité et qui ne se limitera pas à une simple mention dans les livres d’histoire.

Mais parlons du présent. Pour ne pas perturber les enfants, nous rythmons le plus possible nos journées. Avec bien évidemment les cours à la maison. Il est toujours intéressant, à 37 ans, de se reconvertir professeur des écoles et de réviser la table de 8, de lister les adjectifs possessifs ou de déclamer les fables de La Fontaine… Par moment, on se demande si c’est pour faire plaisir à la maîtresse ou pour instruire nos chères têtes blondes que l’on donne autant d’énergie à ces devoirs.

L’après-midi, place aux ateliers cuisine ou jardinage (nous avons la chance d’avoir un jardin !), aux activités physiques, au ménage avant de nous retrouver devant la grand-messe du journal de 20h.

Une routine que l’on préserve autant que possible tant que le déconfinement n’est pas clairement annoncé et qui nous permet de ne pas nous focaliser à longueur de journée sur les chiffres effrayants du nombre de morts.

Alors, certes, ce n’est pas facile tous les jours, et le télétravail relève parfois du casse-tête chinois quand deux bambins excités vous interpellent pour des broutilles toutes les cinq minutes. Mais il faut relativiser. Dans le confort de nos maisons, nous ne sommes pas en guerre. Les vrais combattants sont dans les hôpitaux, dans les supermarchés, dans les champs. Ils transportent les denrées, ramassent nos déchets, nettoient nos rues, assurent les urgences. Dans cette lutte contre le virus, les petits salaires sont malheureusement en première ligne.

Nous leur rendons hommage tous les soirs à 20h, comme de nombreux voisins de la rue du Docteur Calmette, en espérant que ce geste symbolique leur donne du baume au cœur. Une drôle de guerre que nous vivons donc depuis notre foyer et qui ne ressemble en rien aux récits que nous ont fait nos grands-parents sur la guerre, la vraie. »



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